Des mémoires familiales au Lycée Français de Madrid

Ce site est le résultat d’un projet pédagogique sur les mémoires familiales au Lycée français de Madrid initié en 2015-2016. Les élèves de la classe de 1ère ES3, encadrés par une équipe pluridisciplinaire d’enseignants et de non-enseignants, ont mené une enquête de terrain auprès de quelques familles espagnoles volontaires afin de confronter leurs souvenirs personnels à l’histoire de l’Espagne et à la mémoire collective des Espagnols. Ils/elles se sont ainsi mué(e)s en apprentis enquêteurs/trices pour à la fois préparer la trame de l’enquête, mener les entretiens sur trois générations — de l’enfant scolarisé au lycée jusqu’à l’un au moins de ses grands-parents, en passant par l’un au moins de ses parents —, et enfin retranscrire partiellement ces entretiens.

TRAJETS THÉMATIQUES

VOYAGEZ À TRAVERS LA MÉMOIRE COLLECTIVE

(ne pas) transmettre
aux générations suivantes

In fine, quel récit familial transmet-on, d’une génération à l’autre? Chez certaines familles, le passé, marqué par un trop-plein de souvenirs, pèse de tout son poids traumatisant; chez d’autres au contraire, il est refoulé, occulté par les tabous et non-dits qui le disjoignent d’une histoire collective trop déstabilisante. Entre amnésie et hypermnésie, chacun recompose son passé pour en offrir une version acceptable par tous et qui participe à la construction de son identité. Alors, savons-nous précisément de quoi est faite cette mémoire familiale que nous léguons en héritage à nos enfants et petits-enfants?

quand les souvenirs
croisent l’histoire

Comment les trajets de vie au sein d’une même famille ont-ils été marqués par l’histoire collective d’une nation? Les familles espagnoles du LFM sont-elles à l’image d’une société qui a encore du mal à gérer la « mémoire historique » du siècle passé? Comment arrières-grands-parents, grands-parents ou parents ont-ils traversé ces périodes troublées et denses que sont la guerre civile, la dictature de Franco ou encore la transition démocratique? Comment ces différentes générations ont-elles vécu ces événements, et quelle lecture en font-elles aujourd’hui, au prisme de leurs propres expérience et représentations du monde?

France / Espagne: des mémoires transfrontalières

Le choix par les familles espagnoles du LFM d’une éducation « à la française » pour leur(s) enfant(s) n’est pas toujours réductible à un simple calcul rationnel. Il peut être aussi le fruit d’une rencontre amoureuse, d’un exil forcé, d’une attirance pour la langue de Molière ou des valeurs incarnées par « le pays des droits de l’homme », il y a plus ou moins longtemps. Dans quelle mesure ces familles partagent-elles alors une même expérience, celle de l’ouverture à une autre culture, du passage des frontières et du multilinguisme? et, en retour, façonnent-elles l’identité même de cette communauté scolaire vieille de plus de 130 ans?

QUELQUES TÉMOIGNAGES

CERTAINS DES SOUVENIRS RECUEILLIS

“Es muy interesante esta historia que nos cuenta porque es el sufrimiento de la parte de la que menos se oye hablar [la de las nacionalistas]. Se suele oír más bien la historia, el sufrimiento de los republicanos.”

Famille Ri; Milagros, la grand-mère

”A l’époque de la guerre civile, David se déplaçait avec un matelas au-dessus de lui et vivait dans un garage avec d’autres familles pour éviter les bombes. (…)”

Famille S; David, le grand-père

La seule chose que nous disait mon père qui est né pendant la guerre civile, c´est qu´il avait faim. Qu´il mangeait des pommes de terre et ils cuisinaient la peau de la pomme de terre.

Famille Gal; Isabel, la mère

BOÎTE À SOUVENIRS

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