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Quand les souvenirs croisent l’historie

La traversée des années Franco

L’après-guerre, ou l’enjeu de la survie
L’Espagne sous Franco, un pays comme un autre?
Derriere le rideau de la dictadure

“Hay una anécdota que me contaba mi abuelo en el que después de la Guerra Civil era obligatorio en todos los cines ver el noticiero (el NO-DO) antes que empezase la película. Se ponía las noticias que el régimen quería. Y cuando acababa la película era obligatorio cantar el “Cara al sol”, se encendían las luces, la gente se ponía de pie, alzaban los brazos y lo cantaban, siempre. Mi abuelo intentaba irse antes que acabara, nos contaba que en muchas películas no sabía como terminaban porque se iba antes para no tener que cantar. Un día, un policía que estaba en la sala le recriminó preguntando a mi abuelo que adonde iba y le respondía que iba al baño y que le deje en paz.”

Famille A; Ignacio, (le père)

“Un primo de mi padre, muy joven, que fue a la División Azul contaba varios recuerdos de la Guerra. Tenía 16 años y falsificó su edad para poder ir a Rusia, era un falangista muy convencido. Sabía hablar alemán con lo cual iba a veces como de traductor de los oficiales. En el camino que hicieron andando desde Alemania hasta Rusia hacían varias paradas. Una de ellas fue en un campo de concentración en Polonia para poder comer y dormir. El general de este mismo campo les enseño unos libros que estaban encuadernados en cuero. El cuero era piel de judío. Esta anécdota la oí con 12 o 13 años y me impacto una barbaridad que hubiesen libros encuadernados con piel humana.” *

Famille A; Ignacio, (le père)

* Cette anecdote troublante mérite un commentaire : quoiqu’il en soit de sa vraisemblance et de sa véracité, elle vaut d’abord comme souvenir transmis de génération en génération, comme anecdote édifiante pour un jeune adolescent au tournant des années 1970.

En tant que secrétaire d’ambassade, Antonio percevait bien le peu de considération des autres pays à l’égard de l’Espagne du fait de la dictature franquiste. Ainsi, lors des réunions diplomatiques, l’Espagne était souvent isolée et les propositions de sa délégation n’étaient généralement pas bien reçues. Pour Antonio, Franco dirigeait tout par derrière, transmettant ses directives par l’intermédiaire de ses ministres. Il était petit, froid, il avait une voix bizarre et ridicule, il terrorisait le peuple à distance. On sentait la fin du régime approcher vers 1973-75 lorsque les conditions physiques de Franco se détériorèrent. En 1975, Ford, le président des Etats-Unis, a rencontré Franco pour parler des bases militaires au Maroc. Antonio était le traducteur de Franco et assista donc à cette réunion. Ford cherchait à engager la conversation sur d’autres thèmes, mais la plupart du temps Franco ne répondait pas. Antonio avait du mal pour traduire ce qu’il disait à cause de sa petite voix et de sa détérioration physique, et avait peur de lui demander de répéter ce qu’il disait. En racontant l’anecdote, Antonio imitait la voix de Franco pour s’en moquer. En même temps, il se souvenait, après la mort de Franco, de la ferveur du peuple venu faire la queue pendant cinq ou six heures pour voir le corps du Caudillo exposé au Palais royal pendant trois jours et ainsi lui rendre hommage.

Famille O; Antonio, (le grand-père)

Le père de Javier avait lutté durant la guerre civile du côté des nationalistes, et il en avait conservé quelques blessures superficielles. Javier, né en 1945, garde de bons souvenirs de son enfance. Son père n’avait aucun problème financier, ce qui facilitait les choses. La famille vivait à Astorga, dans le León, et a connu une vie tout à fait normale, sans ruptures majeures. Avec sa femme, elle aussi originaire d’Astorga, ils ont eu 4 fils. Il était certes défavorable au régime de Franco, mais l’a aussi défendu dans la mesure où, selon lui, il s’agissait davantage d’une “dictablanda”, c’est à dire, qu’il y avait quand même une certaine dose de liberté inimaginable dans une véritable dictature.

Famille Ba; Javier, (le grand-père)

Los eventos que sucedieron en España en la época franquista le influyó indirectamente, ya que casi nadie de su familia tuvo problemas porque estos intentaban ser lo más neutros posibles: “Mi padre en la época Franquista vendía garbanzos a los vecinos a cambio de otras mercancías, era una época de comercio de truque. Un buen día alguien le denunció y menos mal que pudo pagar la multa que los soldados le pidieron, ya que, si no, nos iban a llevar a mi madre y a mi lejos de él. Esta es la única anécdota que tengo de este periodo porque en general mi familia intentó alejarse lo más posible de los problemas.”.

Famille CR; Alicia, (la grand-mère)

D’après Javier, son grand-père, issu d’une famille pauvre, avec un père communiste mort pendant la guerre, devenu ensuite patron de sa propre entreprise, associe l’époque franquiste à une période positive car il la rattache à son succès économique. Ainsi, pour ses grands-parents, l’Espagne va de mal en pis depuis le retour de la démocratie. A part sa mère, toute la famille de Javier est de droite et considère que la gauche au pouvoir ne peut qu’entraîner des catastrophes économiques.

Famille Be; Javier, (le fils)

Mis padres nunca han hablado del pasado y lo que vivieron. No querían. Mi madre cuando se casó en el año 42 después de la guerra, se fue a vivir a Barcelona. ¡Y todo lo que dicen que les oprimían y todo…nada! ¡Y todo lo que dicen que Franco no les dejaba hablar en catalán, pues hablaban en catalán! Tenían todas las libertades del mundo. Fue a los que Franco favoreció más, a los catalanes.

Famille FG; Béla, (la grand-mère)

La famille S pratique une religion nommée Fe Bahá’í. C’est sous le régime de Franco que David a fait enregistrer cette religion en Espagne au “Ministerio del Interior ». Malgré la forte influence de l’Église catholique, les S ont pu faire un mariage civil en 1961, ce qui était devenu possible depuis 1957.

Famille S; Maria Carmen & David, (les grands-parents)

Quand la guerre civile s’achève en Espagne, mon grand-père reste fidèle au socialisme alors que mon père opte pour le communisme. La rupture définitive a lieu lorsque le colonel Casado décide de livrer Madrid aux troupes de Franco et qu’une partie des dirigeants socialistes se compromettent dans cette reddition qui conduit à l’arrestation et l’exécution de beaucoup de dirigeants communistes. C’est alors que mon père rompt toute relation avec mon grand-père et le fait publiquement, dans une lettre ouverte qui est publiée. Mon grand-père répond lui aussi publiquement en déclarant que ce n’est pas son fils qui a écrit cette lettre, mais Staline. D’autant plus qu’en 1939, mon grand-père est du côté d’Alicante, et que, semble-t-il, les troupes de Franco sont là mais n’arrêtent pas mon grand-père, au contraire le laissent partir à Londres, ainsi que d’autres dirigeants socialistes. Cette grande rupture au sein de ma famille a duré jusqu’en 1956, au moment où l’Espagne entre à l’ONU. Le Parti communiste espagnol en exil est alors partagé entre deux positions : l’une favorable à la poursuite de la lutte et l’autre non. Mon père défendait la seconde, disait qu’il fallait dépasser la guerre civile, que les républicains n’étaient pas les seuls victimes, qu’un accord entre les deux camps permettrait de réconcilier tous les Espagnols et d’en finir ainsi avec la dictature. C’est la position de mon père qui l’emporta, et le PCE lança alors l’idée de la réconciliation nationale. Certains dirigeants du Parti lui firent alors très justement remarquer qu’il devrait commencer par appliquer cette idée à lui-même et se réconcilier avec son père, ce qui effectivement se produisit.

Famille C; Jorge, (le père)

Mi abuela también nos contaba historietas de su vida. Piensa, que ellos estaban en un pueblo en Andalucía, en una zona de Jaén que era bastante pobre y que solo vivían de los olivos. Toda esta gente, se quedaron sin nada durante la guerra. Y encima mi abuela se quedó viuda con 22 años, con dos niñas pequeñas y sin ninguna ayuda. Antes no había pensiones, ni había cosas de estas, y en plena post guerra se quedó sola con dos niñas pequeñas. Estuvo trabajando en una panadería, ni siquiera le dieron de alta en la seguridad social, con lo cual cuando se fue a jubilar ni siquiera tenía nada para cobrar, sabes, es que era una vida que era un horror. Entonces se vino a Madrid con sus dos hijas; ella se puso a trabajar, puso a trabajar a sus dos niñas que tenían 15 años y 17, o algo así. Pero vamos, que no tenían nada, de nada de nada.

Famille T; Elvira, (la mère)

Après le décès de l’arrière-grand-père, engagé dans le camp communiste et mort sur le champ de bataille, le grand-père a dû abandonner le foyer familial à l’âge de 12 ans pour aller chercher du travail à Madrid. Cette époque fut très difficile pour lui, car il a dû travailler très dur pour pouvoir survivre. C’est aussi une rupture pour la famille, ce passage de la campagne en Andalousie à la grande ville, synonyme de complet déracinement.

Famille Be; Raquel, (la mère)

Pendant l’été [dans les années 1940 ?], Antonio allait en Galice, à la Coruña, qui était comme un paradis terrestre pour lui. Du côté de la frontière, disait-il, il y avait souvent des bandits, des “Bandoleros », des exilés qui revenaient en Espagne. Il les voyait parfois dans les montagnes.

Famille O; Antonio, le grand-père

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